Journée de l’alimentation : l’agroécologie a fait ses preuves, Humundi l’explique avec des patates
Bruxelles, le 15 octobre 2026 — Et si la pomme de terre nous aidait à comprendre ce qui se joue dans nos assiettes ? C’est le pari de l’ONG belge Humundi (ex-SOS Faim). Ce vendredi 16 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, elle mise sur l’humour et une bande de patates pour rendre accessible le concept d’agroécologie, une agriculture qui préserve la nature et fait vivre dignement celles et ceux qui la pratiquent. Ses résultats sont solides : selon une analyse de la Commission européenne, l'agroécologie augmente en moyenne les rendements de 14 % et le revenu brut des agriculteurs de 44%. Au niveau mondial, elle ne reçoit pourtant qu’environ 1 à 1,5 % des budgets agricoles et d’aide.

L’agroécologie : des solutions concrètes, mais encore trop peu soutenues
L’agroécologie, ce sont des pratiques agricoles qui n’épuisent pas les terres, ne polluent ni l’eau ni l’air et rémunèrent correctement celles et ceux qui produisent notre nourriture. C’est aussi un mouvement qui veut permettre aux paysannes et paysans, mais aussi aux citoyens, de reprendre la main sur ce qu’on produit, comment et pour qui.
Ce mouvement prend actuellement de l’ampleur ici comme ailleurs. Il rassemble des cantines scolaires au Sénégal, des agriculteurs indiens qui ont vu leurs revenus doubler en adoptant des pratiques plus durables, et des citoyennes et citoyens belges mobilisés contre l’exportation de pesticides toxiques. Selon une récente analyse de la Commission européenne (2026) portant sur 350 études menées dans le Sud, l’agroécologie augmente en moyenne les rendements de 14,3 % et le revenu brut de 44,5 %, et elle réduit les coûts de production de 36,5 %. Le GIEC la reconnaît comme une option d’adaptation efficace au changement climatique. Pourtant, elle ne reçoit qu’environ 1 à 1,5 % des budgets agricoles et d’aide au développement, selon le groupe d'experts du Comité de la sécurité alimentaire mondiale de l'ONU (HLPE)1. Au niveau wallon, cela tournait autour des 10 % en 20242
« On parle beaucoup de ce qui ne va pas et très peu de ce qui marche déjà», souligne Benoît De Waegeneer, secrétaire général de Humundi. «Partout dans le monde, des personnes cultivent autrement, préservent les sols, créent des circuits courts. Pour que ce mouvement change d’échelle, les choix de chacune et chacun comptent mais ils ne suffiront pas. Il faut aussi des décisions collectives et politiques qui permettent à ces modèles de se développer »
Une bande de patates pour raconter notre système alimentaire
Pour parler d’agroécologie sans perdre le public dès le premier mot, l’ONG Humundi lance donc une campagne avec différents outils, en s’appuyant sur l’aliment le plus familier des Belges : la pomme de terre.
Sur lapatateestdansnotrecamp.be, un test propose à chacun et chacune des actions concrètes : acheter en direct aux producteurs d’ici ou choisir des produits équitables venus d’ailleurs, mettre les mains dans la terre avec les Brigades d’action paysanne, placer son épargne chez Terre-en-vue ou Alterfin pour soutenir des agriculteurs en Belgique comme dans les pays du Sud, ou encore signer la pétition Good Food 4 All pour une alimentation saine et accessible à toutes et tous, quel que soit son budget… Le site rassemble également des initiatives réussies aux quatre coins du monde.
Dans une vidéo d’animation intitulée « Show Patate », une patate agro-industrielle et une patate bio et locale s’affrontent lors d’une battle de rap en rimes sur les prix, les rendements et le revenu des agriculteurs et agricultrices. L’humoriste Kody leur prête sa voix, dans la vidéo comme dans un spot radio diffusé sur Vivacité.
La campagne se décline ensuite en plusieurs formats, portés par des créateurs de contenus. Dans les rues de Bruxelles, Asckipe tend son micro aux passants pour un micro-trottoir « Micro patate » : que savent les Belges de ce qu’il y a dans leur assiette ?
Dans une vidéo recette, Leslie Winandy, alias Leslie en cuisine, prépare un gratin au fromage de Herve avec Géraldine Higel, de Humundi. Petite-fille d’agricultrice, Leslie Winandy défend depuis toujours les bons produits du terroir et celles et ceux qui les font pousser. « Mettre en avant les questions que posent nos assiettes, mais aussi les solutions qui existent déjà, cela me parle particulièrement », confie-t-elle.
À propos de Humundi
Depuis plus de 60 ans, Humundi (ex-SOS Faim) agit aux côtés de celles et ceux qui produisent notre nourriture. Avec 62 organisations partenaires dans 9 pays, l’ONG accompagne plus de 1,6 million de familles paysannes vers une transition agroécologique. En Belgique, sa campagne a obtenu l’interdiction d’exporter des pesticides toxiques.
Sources :
1 Source complète : HLPE, 2019. Agroecological and other innovative approaches for sustainable agriculture and food systems that enhance food security and nutrition,CFS, Rome
2 En Wallonie, une étude menée en 2024 révélait que seuls 10% des fonds publics wallons destinés aux systèmes alimentaires soutiennent effectivement la transition agroécologique
Contact presse :
Possible d’interviewer des responsables de Humundi, experts en agroécologie.
Nathalie Paquet, attachée de presse, 0496 63 49 37 – nathalie.paquet@pepite-com.be
Site web de la campagne et du test patates : www.lapatateestdansnotrecamp.be




