Une agriculture sans pesticide ne sera possible que si la Wallonie protège les terres agricoles de la flambée des prix

Terre-en-vue salue les initiatives de ces derniers jours vers une Wallonie sans pesticide et rappelle l’importance d’agir également sur les prix des terres agricoles pour y parvenir.

Récemment, plusieurs acteurs de sensibilités diverses se sont unis pour défendre une agriculture sans pesticide.

  • La semaine passée, la FWA, Regenacterre et Sytra ont présenté une position conjointe à Madame la Ministre de l’Agriculture. Ils insistent sur l’importance de changements systémiques portés par l’ensemble de la société et non pas par les seul(e)s agriculteurs et agricultrices. pour construire un nouveau modèle agricole sans pesticides.
  • Ce mardi 28 avril, le Ministre-Président wallon se joignait lui-même à une réunion avec les syndicats agricoles, la Ministre de l’Agriculture ainsi que le Ministre de la Santé.

Cela démontre que tous les acteurs concernés s’impliquent et que le Gouvernement wallon prend conscience de l’aspect systémique de la problématique.

 

Dans cette vision systémique, Terre-en-vue souhaite toutefois rappeler que, pour soutenir les agriculteurs et agricultrices, l’un des principaux obstacles demeure l’accès à la terre et son prix.

La transition agricole vers une agriculture sans pesticides n’est pas une question de rendements. C’est une question de rentabilité : il faut assurer aux agriculteurs des revenus dignes. Il ne s’agit pas de voir les volumes produits, mais au final, de considérer ce que gagne l’agriculteur.

Or, à l’heure actuelle, le prix de la terre constitue le poids financier le plus important ​ dans le bilan d’une ferme. La valeur des terres représente en moyenne plus de 50 % des investissements, soit ​ pour les jeunes repreneurs, plus de 50 % des remboursements d’emprunt bancaire. Au vu de la hausse du prix des terres (+ 44 % en 7 ans selon les derniers chiffres de l’Observatoire foncier), rien ne permet de croire que cela va changer. La situation ne fait qu'empirer.

Pour réussir un plan de transition vers une agriculture sans pesticides, il faut donc d’urgence intégrer une politique foncière ambitieuse et cohérente comprenant les mesures suivantes :

  1. Réguler l’accès aux terres agricoles, afin de limiter les concurrences d’usage de ces terres (par exemple via l’octroi d’un permis d’exploiter pour toute autre utilisation que la production nourricière) et donner priorité aux agriculteurs et agricultrices, en particulier ceux qui s’engagent dans la transition vers un modèle agricole sans pesticides
  2. Mettre en place des mécanismes de limitation du prix des terres, pour limiter l’endettement des agriculteurs et agricultrices et encourager la reprise des fermes
  3. Mettre en place des mécanismes de portage (prise en charge financière), pour soulager les agriculteurs et agricultrices du poids du foncier.

Terre-en-vue travaille en ce sens depuis près de 15 ans. Plus de 5.000 citoyens et citoyennes ont déjà rejoint la coopérative pour financer 300 hectares de terres pour plus de 50 agriculteurs et agricultrices qui se sont engagés dans une agriculture biologique, sans pesticides.

Terre-en-vue permet ainsi d’entrer dans une spirale positive de solidarité : moins d’investissements pour les agriculteurs et agricultrices donc plus de revenus, mais aussi et surtout, un soutien citoyen, une notoriété, une commercialisation facilitée, plus de lien social et au final, une fierté du métier !

« Terre-en-vue est un levier très important pour ces fermes qui travaillent sans pesticides. Mais si nous voulons un basculement du modèle agricole vers une agriculture sans pesticides, nous devons être beaucoup plus ambitieux. Nous avions déjà suggéré la création de bons d’État pour que la Wallonie puisse acheter des terres et les mettre à disposition de la transition vers un modèle agricole sans pesticides. Mais elle ne pourra pas le faire si elle laisse le marché foncier acquisitif fonctionner en roue libre… car elle entrera alors en concurrence avec les spéculateurs. » - Zoé Gallez, coordinatrice de Terre-en-vue

 

 

Pour plus d'infos :

Nathalie PAQUET, attachée de presse, 0496 63 49 37

Zoé Gallez, coordinatrice de Terre-en-vue, 0496 68 28 62, zoe@terre-en-vue.be

 

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